Les parties ont conclu un contrat en vertu duquel la demanderesse, une société chinoise, devait fournir et organiser des services après-vente pour les produits livrés par le défendeur, originaire d'Europe de l'Est. Le contrat prévoyait certains critères qui devaient être respectés par le prestataire de services après-vente. Pour sa part, le défendeur devait faire des versements périodiques d'assistance et fournir les pièces détachées aux prix les plus compétitifs pour le marché chinois. Trois de ces versements ont eu lieu. Au cours de la deuxième année du contrat, le défendeur a été informé de ce que le contrat avait été transféré de la demanderesse à une société immatriculée dans une autre ville chinoise. Ceci a conduit le défendeur à annoncer son intention d'annuler le contrat. Après des négociations infructueuses, le défendeur a demandé à la demanderesse de cesser ses activités au titre du contrat et a déclaré que le contrat était résilié en raison de la violation du contrat par la demanderesse. La demanderesse a engagé une procédure arbitrale dans laquelle elle a fait état de diverses violations du contrat entre les parties, telles que le fait de ne pas avoir fourni des pièces détachées au meilleur prix « sortie usine », de ne pas s'être conformé à l'engagement d'exclusivité et de ne pas avoir effectué des versements d'assistance. Elle a réclamé des paiements dus, demandé réparation pour le dommage subi en raison des violations commises par le défendeur, et des dommages-intérêts punitifs. Le défendeur a rejeté ces demandes, soutenant à son tour que la demanderesse n'avait pas la capacité pour exécuter le contrat, que celui-ci avait été transféré sans son consentement et que la demanderesse avait failli à un certain nombre des critères précisés dans le contrat de service après-vente. Il a considéré avoir le droit non seulement de suspendre mais également de cesser les versements d'assistance et de demander en plus le remboursement des versements déjà effectués. En outre, il a réclamé réparation de son manque à gagner en raison des ventes limitées, de la perte de clientèle et de divers coûts et de factures impayées. Selon le souhait des parties, le tribunal arbitral a décidé que, outre le droit chinois, les <b>Principes Unidroit</b> seraient applicables, comme reflétant les pratiques internationales. Par la suite, il a fait référence aux principes du commerce international lorsqu'il a tranché la question des dommages-intérêts punitifs, sans toutefois citer explicitement les Principes Unidroit.

Le droit applicable

Les positions des parties

'Claimant holds Chinese law applicable as substantive law governing the contractual relations of the Parties, but is of the opinion that "international practices" have to be applied extensively. Claimant refers specifically to the Unidroit Principles of 1994. Claimant is of the opinion that the Convention on the International Sale of Goods ("CISG") is only applicable as to the contractual obligations referring to the sale of goods.'

'Respondent holds Chinese substantive law as applicable to the extent CISG, Unidroit or general principles of international trade law do not prevail over or complete the Chinese law.'

La décision du tribunal arbitral

'The Agreement No. 245 does not contain a choice-of-law clause. But both Parties presume that Chinese law is applicable. This joint presumption has to be regarded as an agreement on the application of Chinese law as governing the merits of the dispute. This choice of law - even if only made during the arbitration (see Redfern/Hunter, Law and Practice of International Commercial Arbitration, 3rd ed., 1999, 2-26) - is valid according to article 17(1) ICC Rules.

CISG is a part of Chinese law. This convention is therefore applicable as part of Chinese law in a dispute between a Chinese entity and one from another country that, like China, has acceded to the CISG. However, the Arbitral Tribunal need not go further into this issue as the claims raised by the Parties do not concern issues that fall within the scope of CISG, as CISG regulates only claims resulting from non-performance, late performance or bad performance of a sales contract and none of these claims have been raised.

The Parties are jointly of the opinion that international practices, especially the Unidroit Principles, shall also apply. The Unidroit Principles (see Blessing, Regulation in Arbitration Rules on Choice of Law, 1996, p. 391; Derains/Schwartz, A Guide to the New ICC Rules of Arbitration, 1998, p. 218 ss.) are rules of law in the sense of article 17(1) ICC Rules.

The Arbitral Tribunal therefore decides, that the Chinese law and international practices including Unidroit Principles are applicable to the merits of the dispute.'

Sur les dommages-intérêts punitifs demandés par la demanderesse

'The concept of punitive damages is not known in Chinese contract law. Chinese law knows only specific performance, liquidated damages and compensatory damages as remedies for breach of contract, see Zhao, in: Wang/Mo, Chinese Law, 1999, p. 244 ss.

The FECL [1985 Chinese law on foreign economic contracts] defines compensatory damages as the actual loss resulting from the breach, which may include the expectation interests from the performance of the contract. However, such damages must not exceed the loss that was foreseeable by the breaching party at the time the contract was made.

Claimant has not given any proof that Chinese law grants damages that go beyond compensatory damages. The Arbitral Tribunal has not found any international trade principle authorizing the award of punitive damages. Punitive damages are in some jurisdictions even regarded as contrary to public policy, i.e. in German law (see Federal Supreme Court, Judgment of June 4, 1992, BGHZ 118, p. 312 ss.) and Switzerland (see Dörig, Anerkennung und Vollstreckung US-amerikanischer Entscheidungen in der Schweiz, 1998, p. 356 ss.).

In a situation where some of the important trading nations regard punitive damages as contrary to public policy, it is obvious that there is no international trade practice favouring punitive damages.

The Arbitral Tribunal therefore dismisses the claim for punitive damages.'